Grand Prix de l'A.C.F. de Tours 1923
 
Les voitures "profilées" de l'année précédente ayant été particulièrement efficaces, Gabriel Voisin se préparait à une nouvelle victoire lors du Grand Prix de 1923, organisé en Touraine. C'était sans compter sur le nouveau règlement, dont les rédacteurs semblaient avoir tiré les leçons de l' interprétation "Voisinesque" de celui de 1922. En effet, les normes à respecter pour être autoriser à concourir en catégorie Tourisme prohibaient tout profilage. Se sentant directement visé par ces mesures, Voisin réagit par un courrier, qu'il fit publier dans la presse, où il dénonçait ce stupide règlement et annonçait qu'il allait engager la marque dans l'épreuve de vitesse. Nous sommes le 21 Décembre 1922, il lui reste environ 7 mois avant le jour J.
 

Le départ du Grand Prix de Vitesse (Photo Le Sporting)

Et ce pari est extrêmement difficile à emporter, car il s'agit ni plus ni moins que de partir d'une feuille blanche. Il faut imaginer, dessiner, construire quatre autos et les mettre au point...

...mais aussi les motoriser, en effet la cylindrée maximale autorisée pour ce Grand Prix de Vitesse est de 2 litres et la firme ne possède pas de moteur de ce type !

La carrosserie en aluminium est pointée sur une structure en frêne, héritage des techniques aéronautiques. Le moteur six cylindres de 1992 cc fut élaboré à partir du quatre cylindres de la C4S en phase finale de mise au point, mais manquait singulièrement de puissance.

 
On connaît le résultat, après avoir rejoint, comme c'est l'usage le circuit par la route, les quatre C6 "Laboratoires", surnommées libellules par le public du Grand Prix à cause de leur silhouette et de leur couleur bleu pâle, prennent le départ de la course pilotées par Duray (N°5), Lefèbvre (N°10), Rougier (N°15) et Morel (N°17). Une seule termina l'épreuve pilotée par Lefèbvre, à la cinquième place.
 
Ci-dessous : les quatre Voisin au pesage à Semblançay

La numéro 5 (Photo d'après Rol-Gallica), voyez-vous le troisième passager entre Duray et Blanc, son mécanicien ?
 

Lefèbvre et Fortin dans la numéro 10 (Photo d'après Rol-Gallica)

Rougier et Lalaurie dans la numéro 15 (Photo d'après Rol-Gallica)
 

Morel et Chanut dans la numéro17 (Photo d'après Rol-Gallica)
 
Bien que légères et très profilées, les Laboratoires étaient vraiment sous motorisées et leurs 80 chevaux furent à la peine face aux 100 chevaux et plus des Bugatti Type 32, Rolland-Pilain, Delage, Sunbeam et autres Fiat qui leur étaient opposées. Ce désavantage devait plus particulièrement se faire sentir sur les longues lignes droites du circuit de Tours.
 
Classement final de l'épreuve de Vitesse
 
1er Seagrave (Sunbeam)
en 6h 35mn 19s
à 121,400 km/h de moyenne
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2ème Divo (Sunbeam)
en 6h 54mn 25s
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3ème Friedrich (Bugatti)
en 7h 00mn 22s
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4ème Guiness (Sunbeam)
en 7h 02mn 03s
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5ème Lefèbvre (Voisin)
en 7h 50mn 29s
On notera que malgré leur manque de puissance, les Voisin étaient relativement fiables puisque sur les seize participants à cette course, onze durent abandonner et si Lefèbvre resté en bas du classement tout au long de la course, termine cinquième et dernier, il termine !
 

Apparemment la poupée a couru aux côtés de Duray et Blanc, notez ses cheveux ébouriffés par la vitesse !
 
Photos : Gallica/ROL sauf autre mention


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